Les partis islamistes du Maghreb et leurs liens avec l’Europe :
Influences croisées et dynamiques de démocratisation
par Amel Boubekeur et Samir Amghar
Publié par: Euromesco, Octobre 2006.
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L’un des volets de la nouvelle Politique de Voisinage de l’Union européenne auprès des pays du Maghreb réside dans le renforcement du processus de démocratisation. Longtemps cantonnés dans l’opposition, les partis islamistes maintenant officiels comme le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) en Algérie et le Parti de la justice et du développement (PJD) au Maroc, apparaissent de plus en plus comme des acteurs pouvant jouer un rôle dans le processus de démocratisation au Maghreb. Ce changement de perspective est renforcé par les transformations qu’a connu l’islam politique depuis une dizaine d’années. En effet, les partis islamistes des années 70 et 80 ont abandonné la rhétorique révolutionnaire et opté pour le légalisme au début des années 90. En intégrant le jeu politique officiel, ils sont devenus des partis conservateurs et centristes : à un niveau politique en s’inscrivant dans les cadres institutionnels de la royauté et de la nation, et à un niveau économique en plaidant pour le libéralisme. En se présentant comme des soutiens critiques aux pouvoirs en place, ils désirent participer aux différentes coalitions gouvernementales tout en satisfaisant une partie de leur électorat séduit par leur argumentaire contestataire.